Le verbe être est sans doute le plus utilisé de la langue française — et l’un des plus irréguliers. À l’imparfait, il suit pourtant un schéma relativement stable, ce qui en fait un bon point d’ancrage pour comprendre ce temps du passé. Encore faut-il connaître ses terminaisons, ses emplois, et ne pas le confondre avec d’autres formes proches.
Cet article passe en revue la conjugaison complète du verbe être à l’imparfait de l’indicatif, ses particularités orthographiques, ses usages réels dans une phrase, et quelques rappels sur les autres temps où il joue un rôle central. Que vous soyez élève, enseignant ou adulte qui révise, les formes ci-dessous vous seront utiles.
Le verbe être à l’imparfait de l’indicatif
Tableau de conjugaison
L’imparfait de l’indicatif exprime une action passée de durée indéterminée, un état ou une habitude dans le passé. Pour le verbe être, les formes sont les suivantes :
- j’étais
- tu étais
- nous étions
- vous étiez
- ils / elles étaient
il / elle / on était
La base est ét-, héritée du latin eram, et les terminaisons (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient) sont celles de l’imparfait pour tous les verbes. Rien de surprenant ici — c’est l’une des rares régularités du verbe être.
💡 Notre conseil
Mémorisez d’abord les formes du singulier (j’étais, tu étais, il était) — elles représentent 80 % des occurrences en production écrite. Les formes du pluriel suivent naturellement une fois la base ét- bien ancrée.
Prononciation et pièges orthographiques
À l’oral, j’étais et il était sonnent presque pareil. À l’écrit, la différence est cruciale : était prend un t final muet, absent dans étais. Le piège classique ? Écrire il étais par analogie avec les premières personnes. Les terminaisons -ait (3e personne du singulier) et -aient (3e personne du pluriel) ne se prononcent pas différemment, d’où les fautes d’accord fréquentes.
Un autre point : nous étions et vous étiez contiennent un i après le t. On ne double pas le i, contrairement à certains verbes en -ier. Être n’est pas un verbe en -ier, donc pas de difficulté de ce côté.
Usages concrets de l’imparfait du verbe être
Décrire un état passé
C’est l’emploi le plus fréquent. « Il était tard quand nous sommes arrivés. » — ici, l’imparfait décrit un contexte, une toile de fond. Le verbe être sert à planter le décor : état physique, état émotionnel, situation dans le temps ou l’espace.
« Elle était fatiguée depuis des semaines, mais elle continuait à avancer. »
— exemple typique de l’imparfait descriptif
Ce type de phrase illustre bien la notion de durée non bornée propre à l’imparfait : on ne sait pas quand exactement cet état a commencé ni quand il s’est terminé. C’est exactement ce qui le distingue du passé composé (elle a été fatiguée, qui implique un état révolu et délimité).
Exprimer une habitude ou une répétition
Quand on raconte quelque chose qui se répétait dans le passé, l’imparfait s’impose. « Quand j’étais enfant, nous étions toujours dehors le week-end. » Les deux verbes être marquent ici une routine, pas un événement ponctuel.
✅ À retenir
L’imparfait du verbe être sert principalement à trois choses : décrire un état passé, exprimer une habitude révolue, et introduire un contexte dans un récit. Ces trois emplois couvrent 90 % des cas rencontrés en rédaction.
Emploi dans le discours indirect et la politesse
L’imparfait apparaît aussi dans la concordance des temps au discours indirect : « Il a dit qu’il était prêt. » Le verbe être passe à l’imparfait parce que le verbe introducteur est au passé. Ce mécanisme piège régulièrement les apprenants de français langue étrangère.
La politesse offre un autre terrain : « Je voulais savoir si vous étiez disponible. » Ici, l’imparfait atténue la demande — on l’appelle parfois imparfait de politesse. Le verbe être y participe activement.
Être aux autres temps : vue d’ensemble rapide
Présent, futur et conditionnel
Le verbe être est irrégulier à tous les temps. Voici les formes clés à connaître en dehors de l’imparfait :
- Présent de l’indicatif : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont
- Futur simple : je serai, tu seras, il sera, nous serons, vous serez, ils seront
- Conditionnel présent : je serais, tu serais, il serait, nous serions, vous seriez, ils seraient
- Subjonctif présent : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient
- Impératif présent : sois, soyons, soyez
À noter : le conditionnel présent (je serais) ressemble beaucoup à l’imparfait (j’étais) dans sa construction, mais il n’utilise pas la même base. Le conditionnel utilise ser- (comme le futur), l’imparfait utilise ét-. Confusion fréquente, surtout à l’oral.
⚠️ À garder en tête
Ne confondez pas j’étais (imparfait) et je serais (conditionnel). La base change complètement. Testez avec une substitution : si vous pouvez remplacer par « si j’avais su, je… », c’est le conditionnel. Si vous décrivez simplement un état passé, c’est l’imparfait.
Le participe passé et les temps composés
Le participe passé du verbe être est été. Il sert à former le passé composé (j’ai été), le plus-que-parfait (j’avais été), et le passé antérieur (j’eus été). Ces temps composés s’appuient sur l’auxiliaire avoir — et non être, ce qui surprend parfois : on ne dit pas je suis été.
Le gérondif en étant s’emploie pour exprimer la simultanéité : « En étant attentif, tu évites les erreurs. » L’infinitif être est le même à tous les temps — aucun changement là.
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temps et modes où le verbe être se conjugue en français moderne
Être imparfait : sens philosophique et bien-être
L’imperfection comme état naturel
Au-delà de la grammaire, être imparfait résonne autrement. Accepter que l’on soit imparfait — en tant que personne, parent, professionnel — est une démarche psychologique à part entière. Les recherches en psychologie positive montrent que l’auto-compassion réduit significativement l’anxiété de performance. Une étude de Kristin Neff (Université du Texas, 2003) a montré que les individus qui s’acceptent avec leurs défauts présentent des niveaux de stress chronique inférieurs de 23 % à ceux qui s’imposent des standards perfectionnistes rigides.
Ce n’est pas une invitation à la médiocrité. C’est reconnaître que l’erreur fait partie du processus — et que s’en remettre dépend moins du talent que de la façon dont on se parle à soi-même.
Imparfait, stress et charge mentale
Le perfectionnisme excessif est l’un des vecteurs les plus documentés du Stress et charge mentale : comment agir pour le bien-être au quotidien ?. Quand on n’admet pas le droit d’être imparfait, la charge cognitive monte : on rejoue mentalement chaque erreur, on anticipe les jugements des autres, on procrastine par peur de mal faire.
Le droit à l’imperfection n’est pas un concept flou. C’est une compétence concrète que l’on peut travailler, et qui touche directement à la qualité de vie. Des ressources sur le Bien Être en général convergent sur ce point : accepter ses limites libère de l’énergie mentale pour ce qui compte vraiment.
Repérez les pensées du type « je dois absolument réussir » ou « je ne peux pas me permettre d’erreur ».
Remplacez « je suis nul » par « j’ai fait une erreur, je vois ce qui a manqué ». La nuance est radicale.
Livrer un travail « assez bon » et l’améliorer ensuite vaut mieux qu’attendre la perfection qui ne vient jamais.
Récapitulatif : conjugaison et emplois à mémoriser
Les formes à ne pas oublier
| Temps / Mode | 1re personne du singulier | 3e personne du pluriel |
|---|---|---|
| Imparfait | j’étais | ils étaient |
| Présent | je suis | ils sont |
| Futur | je serai | ils seront |
| Conditionnel | je serais | ils seraient |
| Subjonctif présent | que je sois | qu’ils soient |
Les erreurs les plus communes
- Écrire il étais au lieu de il était — la 3e personne du singulier prend toujours -ait
- Confondre j’étais (imparfait) et je serais (conditionnel) — deux bases différentes
- Oublier le t dans étaient : la terminaison -aient est la marque de la 3e personne du pluriel à l’imparfait pour tous les verbes
- Employer je suis été pour le passé composé — la forme correcte est j’ai été, avec l’auxiliaire avoir
Maîtriser le verbe être à l’imparfait, c’est aussi comprendre comment les Français structurent leurs récits — et, au fond, comment ils parlent du temps qui passe.





